lundi 2 septembre 2019

Je ne suis pas courageux

Chapitre 0.pfff Je ne sais plus.

Si vous connaissez le mot solastalgie, et que vous vivez sous son emprise, alors vous savez que le courage n'a rien à voir dans cette histoire. Si vous ne savez pas de quoi je parle, arrêtez votre lecture, je ne veux pas être celui qui va vous piquer les fesses et provoquer une réaction en chaîne dont on ne reviens pas.

Lisez un bon roman plutôt.
C'est mieux écrit et le français y sera sans doute moins maltraité.


Bon, on est entre solastalgiques ?
Alors vous souffrez autant que moi. Vous cliquez sur des tas de choses qui vous perturbent le sommeil, moi j'ai un abonnement Netflix aux cauchemars, avec l'option replay.

Chacun va ressentir et réagir différemment, moi, j'absorbe l'info et je la restitue dans un imaginaire souvent morbide et torturé.

Je me doutais, mais je ne voulais pas creuser.

J'ai fais ma petite mise en relation systémique, comme on dit, je ne voulais pas trop y croire.
Et Paf ! Collapso +1.

Même la plus optimiste des réactions, la plus saine, la plus écolo-relationnelle, ne vous enlève pas l'angoisse du chaos. Enfin, je ne crois pas.

Depuis que ma "transition" est amorcée (quel drôle de mot, quelle phrase étrange), j'ai l'impression qu'une part de moi meurt, pour qu'une autre puisse naître.

Dans la même journée, et suivant avec qui je dialogue, je passe toujours des larmes aux rires.

Un homme ne doit pas pleurer. Je dois être un âne alors.
Je pleure de tristesse, et la minute d'après d'espoir.
Comme je ris d'angoisse, avant de rire de joie.
C'est du grand n'importe quoi.

Mais ça fait la lessive.
Je suis en phase d'essorage, la machine s'ébranle sur ses cales.

Encore quelques jours et le hublot va s'ouvrir, je vais pouvoir étendre tout ça.
Il fallait que ça s'arrête de toutes façons, je n'en pouvait plus du bruit.

L'envie de sortir de la machine est là.
Je suis rincé.

Je ne suis plus tout neuf, j'aurai préféré faire ça au printemps, à trente ans.
Je fais ça à l'automne, à... trente et quelques.

Mais ça va.
C'est minimaliste comme transition.
Pas survivaliste.

Je ne vais pas ramper dans la boue, loin de la civilisation devenue métaphoriquement hostile, en protégeant mes arrières et mes avants.

Je crois que la plupart des gens ne sont pas si ego-centré que ça.
Vous en êtes un bel exemple: de l'empathie, du soutien, des invitations...
J'avais besoin de le lire pour me rassurer, mais les quelques personnes qui me connaissent et qui me suivent aujourd'hui ici, savent que je suis plutôt mal à l'aise de recevoir sans pouvoir donner quelque chose en échange.

C'est d'autant plus difficile quand on a peu.

Je ne pars pas en situation d'autonomie, c'est clair.
Je perçois l'autonomie comme mortifère.
Je crois au contraire que l'interdépendance est nécessaire.
Pour ce sentir vivant, la relation aux autres est indispensable.

Et en plus, j'ai besoin d'une expression artistique, donc fondamentalement d'au moins un spectateur.

J'ai besoin d'utiliser mes sens.

Et de ne pas toujours obéir : il faut bien que quelqu'un me donne quelque chose à transgresser.
Non, décidément, je ne peux pas être seul.

Oh ?! Quelqu'un me lit ?

D'où cette énergie mise aujourd'hui à écrire et réseauter.
J'ai envie de vivre des tas de choses, que seul, je ne peux pas.

Je suis un peu tout nu dans ma tête. Pas pour m'exhiber, pas pour me désinhiber, juste pour montrer que je suis de la même espèce que vous.

Je ne suis pas plus courageux que vous, juste un poil plus romantique au sens littéraire.
Il n'y a pas beaucoup de folie là dedans. La folie aurait été de conserver l'ensemble des paramètres qui me conduisait à l'asphyxie. Quand au courage, il m'en aurait fallu bien plus, pour affronter la vie résigné.

Donc finalement tout va bien.
Je vais le faire.

Ce n'est pas un défit, c'est dans l'ordre de mes choses.
Je ne saute pas d'un train en pleine course, lancé ligne droite ; j'ai attendu qu'il ralentisse dans un virage et j'attends le coussin de hautes herbes pour amortir le saut.

Ça va : c'est jouable.

Quelque part, un peu plus bas, un âne m'attends avec quelques bricoles, pour ne pas avoir l'air trop bête en rase campagne. Il y a un truc qui ressemble à un vague plan.

Donc ça va.

Certains ont déjà allumé une bougie à leur fenêtre, pour moi, je sais où aller, je trouverai.

Donc ça va.

Aujourd'hui ça va.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire