Chapitre 0.4 Tilt !
Jeudi 22 Août.
Derrière votre écran vous ne pouvez pas tout voir et tout entendre, mais mes journées deviennent euphorisantes. L'effet Piloul sans doute. Je dors mieux et mes cauchemars récurrents de ces derniers mois, disparaissent... ...je rêve à nouveau.
Enfin, je suis fou. Enfin, je fais un truc dingue. Enfin, je perds mon chemin.
Je sens l'âne, enfin !
J'ai marché avec lui aujourd'hui, ça m'a fait un bien fou.
J'aurai peut-être du retirer ma casquette quand même: il a fait beau et j'ai la moitié supérieure du front nettement moins bronzée que mon visage. Ridicule.
Ça va être une balade formidable : La vie à 4 km/h.
Dimanche 25 Août.
L'euphorie retombe un peu, mais les angoissent s'estompent aussi beaucoup.
Le jour J approche, je rationalise mes besoins. J'essaie de me définir des règles.
Tout va changer pour moi. Et rien de ce que j'ai pu vivre jusque là, n'est en commune mesure avec ce qui se prépare. Il faut admettre que: "nomade accompagné d'un âne", ce n'est pas le truc à mettre sur son CV.
Sauf si on ne veux pas du poste de préparateur chez Amazon, et c'est mon cas.
J'ai un peu l'impression d'annoncer à tout le monde, que je pars traverser la jungle Guyanaise, armé d'un couteau à huître.
Non mais ; comme si j'allais traverser l'atlantique à la nage avec un âne...
En fait, je trouve que je suis assez cohérent avec les réalités actuelles. Je veux, ou plutôt, je dois, rencontrer tous ces gens qui me fascinent.
Les "je devrais", c'est fini : je vais, maintenant.
Les questions qui reviennent en boucle commencent toujours par : Comment tu vas faire pour... ...?
J'écoute bien entendu, assez pour savoir que je n'ai pas toutes les réponses. Et alors ?
Peut-être que je ne ferai pas, tout simplement.
Peut-être que je mettrai du temps à trouver certaines réponses, certainement.
Peut-être que certaines choses ne me manqueront pas du tout.
Peut-être que je contournerai le problème.
Peut-être pas.
Je me dit qu'à 4 km/h les chocs seront moins violent.
Et peut-être que je n'avais pas non plus de réponses satisfaisantes avant.
C'est même sûr.
Peut-être aussi que mon rapport à la mort ne m'angoisse plus, que j'ai juste envie de vivre un truc à moi, que cette simplicité me suffit finalement.
J'ai envie de marcher, marcher, marcher...
J'ai envie d'être pote avec âne, construire un lien et le fortifier.
Je ne quitte pas tout. D'une certaine façon, c'est même le contraire: je vais retrouver l'essentiel.
Peut-être que je marche mieux, si je n'ai pas réellement de plan.
C'est même certain.
Trop tard pour reculer.

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