mardi 20 août 2019

Début d'une possible résilience.

Chapitre 0.2 - Structuration du bordel.

18 Août 2019.

Je reprends l'image du puzzle éclaté là où je l'avais laissée.
Et d'une certaine façon, il y a comme une logique aujourd'hui qui se dégage de tout ça.



"Partir sur les routes avec un âne", ce nouveau morceau qui s'impose à moi, change de beaucoup
la lecture globale des données à mes pieds.
Il y avait des tas de bouts d'assemblages, qui ne collaient pas avec le plan général.

Les "tu ne finis jamais rien". Ces éléments étaient encombrants et culpabilisants.
Même moi, je perçois le caractère instable de mes centres d'intérêts et de toutes ces choses, que j'ai pu commencer, sans jamais les finir.

Avec ce voyage qui approche, cette évidence que le chemin importe plus que la destination, je commence à me dire, qu'il en est aussi ainsi, de tout ce que je n'ai pas voulu finir.
Dès qu'un centre d’intérêt m'avait satisfait, que je me sentais en situation de "maîtrise", je pouvais choisir à la prochaine intersection de changer de chemin.
Et finalement, sans jamais avoir été au bout des choses, j'ai construis pas mal d'éléments de ma propre initiative, sans vraiment chercher à les intégrer à une logique pouvant être comprise par les autres. J'ai appris à maîtriser un tas de choses, et aujourd'hui ce voyage en est la finalité.

Je commence à trouver un sens à ces nombreuses démarches, avec le morceau "Zeb & Piloul" des associations, jusque là impossibles, se font.

Ah... Piloul.
Hier, on s'est trouvé. (Plus moi que toi c'est vrai).
Mais maintenant j'ai un moteur. Un vrai et qui fourni un travail, sans énergie fossile.
Qui fourni des émotions.
Qui fixe un cadre nouveau.
Qui va sérieusement faire dégringoler mon bilan carbone.

Mon âne Piloul a dix ans. Il a été élevé et a grandi dans La ferme du poulet qui va bien.
Il a déjà fait plein de choses et a beaucoup d'acquis.
Il a même appris à reconstruire émotionnellement les gens.
Il est officiellement à moi depuis hier.
Olivier, son éleveur, s'est d'ailleurs révélé être un sympathique collapso, engagé et passionné, pratiquant le 100% naturel, et le 100% amour de sa qualité de vie.
L'ensemble de ses animaux, tous poils et plumes confondus, sont dans les conditions optimums d'élevage en cadre naturel, c'est un lieu explosif de verts.

Les rencontres ont donc été un moment très à part.

Je me dis qu'avec les nombreux talents de Piloul, et mes trucs jamais aboutis, il y a peut-être une chance que de belles rencontres se déclenchent sur ma route. Je pense qu'écrire, aujourd'hui, répond
à ce besoin fondamental de ne pas ressentir trop la solitude en chemin, écrire pour taper à votre porte, pour remplir ma réserve d'eau, et vous offrir la promenade en âne pour vos enfants en retour, raconter des petits bouts de puzzle... ...bien plus sans doute, j'ai la trouille d'être seul.

Je pense avoir de quoi troquer sur ma route, c'est un élément rassurant.

D'ailleurs je vais ouvrir des albums photos "Mes trocs", ça vous donnera une idée de mes "pas fini" et ça fera un pavé indigeste, façon CV et Lettre de motivation, en moins à écrire et pour vous à lire.
Et pour ce que je ne peux pas illustrer, faudra faire comme moi: essayer d'être aussi intelligent que mon âne.

Il y a peu, je constatais des échecs et des voies sans issues.
Aujourd'hui, des choses nouvellement apparues, me permettent de distraire mon esprit et de sortir mes pensées d'un cercle où j'étais souvent prisonnier et constamment en stress.

Début d'une possible résilience donc.

Mais beaucoup de choses douloureuses restent en souffrance.

Je commence à lister mes besoins réels maintenant: il y aura des jours sans portes ouvertes.
Je connais ma capacité de portance avec l'aide de Piloul, je peux calculer le paquetage bivouacs idéal.
Je prends conscience de l'importance de pouvoir faire des rencontres. Être aidé et être dans la mesure de rendre la pareil, voilà de quoi doit être consacré mon volume de voyage.
Une bonne tente pour conditions difficiles, deux duvets: un polaire, un mi-saison, Un coffre gamelle, un sac photo, de quoi écrire, un coffre et quelques outils simples, mes vêtements et un nécessaire d'hygiène. Le kit de soin de Piloul. La paperasse. Il faudra que je fasse avec ça. 

Je ne veux pas charger l'âne comme un baudet.
Je préfère qu'il tracte tranquillement.

19 Août

Je suis retourné voir mon âne, contact rapidement noué à cette deuxième visite. Je pense qu'il a compris, que nous devrions nous revoir assez souvent. J'avais aussi un bout de pain dans la main, certain diront que je triche. C'est parce que, ces gens, ne peuvent pas se mettre au niveau d'intelligence d'un âne: lui, il s'est dit: de cette main qui se tend, se dégage l'intuition, d'une profusion de croûtons à venir.

C'est pas con un âne, faut pas croire.

Ensuite, j'ai pu l'emmener un peu sur les chemins et les petites routes. Marcher, à droite, à gauche, arrêt, pause casse-croûte, soleil, drache, tracteurs, vaches, chevaux en pâture, enfants, charge légère, rythme, câlins. Tous les voyants au vert. Du croûton, du croûton, du croûton.
Piloul, n'a pas vraiment cherché à m'imposer un caractère, je lui ai bien fait sentir que mon truc, c'est pas trop la chaîne de commandement non plus.
Je lui ai chanté du Brassens, il s'est mis à rigoler: on va vite être pote.
On a passé une chouette journée en tous cas.

On se revois jeudi, on test l'attelage cette fois, il connaît, mais il manque de pratique depuis deux ans, moi ça fait 25 ans que je n'ai plus conduit d'attelage. C'est moi qui perd et qui suis l'âne.
Je révise mon Brassens à cappella, je stocke du croûton, je sais que mon âne me pardonnera mes maladresses de remise en route.

20 Août

Rien. Juste des galères d’amarrages.
Des cordes à couper, des nœuds à défaire, des cordes à rouler.
Penser à tout, penser à rien, ne pas penser à ça, ne pas oublier ça.
Dire, se taire, écrire, souffler.
Affectivement, Piloul va avoir du boulot, je pars en miette.







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