mardi 13 août 2019

En transition.



PRÉFACE BOITEUSE.

Pourquoi tout ça m'arrive aujourd'hui ?
Impossible de répondre à ça.

J'épuise les options, je ne termine rien.
Paraît-il.
Mais qui croire ?
Ma vie se résume t'elle à une série d'impasses et de passions qui explosent sans laisser de traces ?

Mon histoire, comme un puzzle éclaté au sol, est faite de pièces perdues à jamais, d'assemblages improbables, de petits morceaux incompatibles entre eux ou avec le plan fourni à l'origine, aujourd'hui perdu. Je n'ai que des petits bouts de notice. Certaines pages ne sont même pas toujours à moi.

Même la découpe des éléments, fourni dans la boite, ne semble pas être faite pour que tout ça puisse coller ensemble. Il manque au premier coup d’œil, des pièces, et on se demande d'ailleurs, ce que des Lego font dans la boite.

À 49 ans presque, je suis un enfant qui n'a pas réussi à assembler en cohérence sa vie d'adulte.
Mais c'est ainsi, c'est ma vie.

En fait, si je me souviens mal, je dirai que quelqu'un d'autre avait débuté ce puzzle sans moi, je ne me souviens pas d'avoir commencé le premier coin gauche. Il était déjà là.

Je me souviens aussi qu'on me tendait des pièces en me disant:
- Celle là, va là et celle-ci ici. J'observais fasciné.
Simple, amusant.

Rapidement le jeu à évolué.
- Et cette pièce là ? elle va où ?
Un défi ? Je relève.
- Euh... Là !
- Bien ! Et celle-ci ?
- Là ? (plus perplexe)
- Presque, essaye de la tourner un peu... ...Oui ! Voilà. Maintenant, plus difficile : celle-là.

Vu le nombre de pièces indiquées sur la boite, je vais en zapper un peu de mon histoire.
Question de rythme narratif.

Puis ça a été un peu prêt ça:
- Aller, tout seul maintenant : trouve celle qui va là, je reviens voir tout à l'heure.

Un poil plus tard.
- Bravo ! Et ça tu l'as fait aussi tout seul ? (surprise)
- Oui. Et comme celles là sont mal dessinées, je les ai dessinées moi même ! (éclats de rires)
- Bon : c'est ton puzzle, à toi de jouer maintenant. Ne t'inquiète pas, on reste à côté, on surveille.

Sauf que celui qui avait les pièces "Papa" se barre avec.
Ça fait comme un trou dans mon puzzle d'entrée de jeu.

Et celle qui avaient les pièces "Maman" me refilait des pièces, sans vraiment se rendre compte que c'était des pièces à elle. Elle n'avait jamais réussi à les placer dans le sien, elle voulait croire que c'était à moi, tellement elle aurait aimé voir ces belles pièces briller sur son assemblage, frustrée de ne jamais réussir à les placer. Si bien qu'à des moments, mon puzzle, bah en fait, c'est le sien et c'est plutôt agaçant.

Plus tard encore, on pique des pièces aux autres et on s'en fait piquer. On fait des échanges, des trocs, on sacrifie des pièces, on en crée de toutes pièces. Un vrai bordel en fait.

Sans compter qu'il y a toujours le gars d'à côté, qui semble, lui, avoir un truc bien plus organisé : son puzzle semble cohérent, plus structuré. Il ne faut pas non plus regarder de trop prêt : on voit les triches, mais son machin. ça fait plus chantier. On dirait qu'il peut suivre la notice.
Salaud.

Heureusement, il y a l'autre...
Lui, son puzzle, c'est plus un "truc" pourri comme une zone de guerre. Il y a déjà des morts, des disparus. C'est disloqué, mal avancé, mal barré, et rien qu'à sa tête on se doute bien que ça ne donnera jamais rien de bon. Merci d'en être là, ça me donne l'impression de surnager malgré tout.

Moi j'ai toujours été à mi-chemin des deux.

Le gars du chantier, son truc cohérent, j'en ai pas trop envie en fait : on sent comme une hargne interne à vouloir trouver les transitions les plus logiques, pour que les anomalies se fondent à un ensemble. Et ça méthode consiste aussi à pas trop considérer les autres en leurs piquant, de la place, des pièces, et génère beaucoup de stress dans les impasses. Mais quand le plan avance, il va bien.
Ça ne me paraît pas logique de vouloir respecter toutes les logiques.

Et l'autre, je le plein. C'est tout.
Je regarde mon bordel et je me dis qu'il y a pire.

Hier, j'avais laissé mon bordel dans l'état, pour aller faire un tour.
J'avais laissé la fenêtre ouverte, il y a eu du vent.
Tempête en fait.
Conséquence du réchauffement climatique entre autre, mais pas que.

Mon Histoire commence là.
À une conjonction systémique imprévue.

INTRODUCTION BANCALE.

Il était plein de fois, plein de vies, les miennes.
Un jour, toutes ces vies se croisent au même endroit et phénomène classique sur les routes d'été, il y a un gros bouchon. Les premiers coincés se retrouvent devant une route jamais construite et leur GPS tombe en panne, comme par pandémie. Tout le trafic est paralysé dans une situation totalement inédite plus personne n'avance, plus personne ne recule.

Et bien moi, je continu à pied.

Tant pis pour la voiture, tant pis pour tout le reste.
Marre de la route, marre du GPS. Je passe par les champs.
Un court moment de folie ou de raison. Je ferme la voiture, je balance les clés.

Et vous êtes, vous aussi, précisément à ce moment là. Pas question de sortir de votre voiture pour certains. On ouvre la fenêtre et la musique : on patiente pour d'autres. On crie sur l'imbécile juste devant, qui ne coupe pas son moteur pour avoir la climatisation. On calme les gosses qui viennent de se réveiller. On va faire pipi derrière les buissons. On sort la notice du GPS de la boite à gant. On coupe le moteur et on fait quelques pas, sur le bord de la route, pour se détendre musculairement. On va aux nouvelles: quelqu'un sait peut-être quelque chose ? On s'inquiète déjà de combien de temps ça va durer cette histoire, ou de ce qu'il reste dans l'habitacle, comme réserves, si ça dure.
Et là c'est bien parti pour.

Mais au bord du champs, de là où moi je suis, j'en vois d'autres, les pieds dans le vert, on dirait même que dans les champs, des gens vivent là, à proximité de routes. J'avais déjà entendu parler de ça. Ainsi que de ces sauvages, qui peupleraient les terres intérieures encore inexplorées (d'après les rumeurs): les tribus Zadistes.

Je regarde ma voiture encore proche, et je me rappelle en avoir jeter les clés de façon distraite, je ne sais plus trop où... J'hésite un instant, je comprends ce que je viens de faire, marcher vient de devenir la seule option pour avancer.

Oups, le con...

Je retourne vite fait à côté de ma voiture, la fenêtre arrière est entre-ouverte, je vais peut-être réussir à y passer mon bras pour ramasser la bouteille d'eau et un petit pull pour ce soir, si il fait froid.
J'y parviens.

Métaphoriquement bien entendu.

Fini la route et son code complexe, les incivilités, les agacements, les frais d'entretien imprévus, la jauge d'essence qui clignote, la radio qui capte pas, la crevaison lente, les trajets qui se répètent, les parkings mal foutus et payant. Fini les assurances obligatoires, les vignettes, les disques bleus, les horodateurs, les radars.

Fini le coffre plein au mauvais moment, et vide quand on le voudrait plein.

Moi aujourd'hui, je passe par les chemins.
Pour de vrai.

Ma montre devient le soleil, mon cycle la lune, mon calendrier les saisons.
Pour de vrai.

Je vais marcher.
Pour de vrai.

Avec un âne et le petit peu, que moi et mon compagnon de voyage pourront emmener.
Pour de vrai.

Chez moi deviendra le chemin, dehors sera mon dedans.
Pour de vrai.

C'est cette histoire que j'ai envie de vous raconter, elle commence aujourd'hui.
Pour de vrai.

Un petit peu avant le fameux "premier pas" en fait : j'ai triché un peu dans mon récit pour ajouter à l'effet dramatique. Il va y avoir des effets spéciaux dans cette histoire. Mais si j'en met, je vous le dirai.
Un peu de montage aussi: je suis un engagé et justement là, je vais pouvoir l'être plus que jamais.

Ça me changera de trier mes poubelles pour l'Inde et manger du fongicide en salade.
Question écologie: chacun se débrouille avec sa conscience et ses responsabilités.
Moi je dors assez mal, y'a comme un truc qui cloche je dirai.

J'ai du collapser à un moment, entre deux parcelles de jardin en tentative de résilience.
Mes émotions s'effondraient aussi de façon systémique.

CHAPITRE 0.1 - Le Plan Z

Je me la pète, alors que je n'ai pas encore bougé dans les faits.
J'ai un mois environ, on est le 13 Août, je pars vers le 15 Septembre, à deux trois jours prêt.

Avant de partir, il faut quitter.
C'est ce que je fais en ce moment, je quitte.

Et quitter certaines choses, c'est parfois très difficile.
Car vous touchez à tout ce qui fait qu'un individu, est ce qu'il est. Est ce qu'il a.
Tout.
Pour de vrai.

Les "Eux" que je quitte, et qui sont stupéfaits.
Beaucoup de "Eux".
Les larmes, les rires, les réactions qui sont rarement sous contrôle.

Les "moi" que je quitte bouche bée.

Le plan que je quitte, même si je ne le suivais plus.

Les trucs qu'on entasse.

Les rêves que je tue la nuit pour m'en débarrasser.

Les repères qu'on commence à préparer à la démolition.

En terme émotionnel, c'est des moments très intenses, qui surviennent tous en même temps. Ce n'est pas très fluide, c'est même assez violent. Je passe encore par tous les états, sans savoir si je parviens à gérer tout ça. Je suis en état de stupeur, avec un sommeil très perturbé et un sentiment de ne jamais être totalement éveillé. Je pratique le yo-yo émotionnel sous stéroïdes.

J'ai du mal à faire appel à ma raison: rien n'est réellement raisonnable dans tout ça.
Et moi, je ne suis finalement qu'un enfant, qui, devenu adolescent, n'a jamais pu se résigner à devenir un adulte.

J'ai la procrastination facile, je m'accorde le temps de bien savourer les choses.
Des saveurs, il y en a.

C'est le chaos.

Ensuite et en même temps, difficile d'être chronologique dans ces instants qui durent, vient le processus d'adoption.

J'adopte des idées. Il faut rebâtir toute une structure mentale alors même que l'ancienne n'a pas finie de s'effondrer.
Certaines certitudes se retrouvent brutalement dans la benne à tout-venant. Les convictions sont dans la tourmente et bon nombre manquent encore à l'appel. D'autres trouvent enfin naturellement une place. Certaines ont totalement disparues quand d'autres naissent. Et tout ça à grande vitesse.

C'est le chaos

Dans la tête c'est le chaos.

Puis il y a les choses. Ces choses qui restent, qui partent, qui manquent.
Que vais-je pouvoir emporter pour ce chemin en sachant que je ne pourrai bientôt plus me retourner.
Je ne peux pas vouloir ou pouvoir me retourner.
Non les gros bouchons de l'été, c'est terminé: plus jamais.

Qu'est qu'un homme et son âne, peuvent emmener sur le chemin, alors qu'aucune destination réelle est définie. Comment vont-être leurs vies ?
On va où exactement ?

Maintenant je dois donc faire des choix.
Le premier étant de coller au plus juste à : "comment je le sens".
Je sais que je ne suis pas le premier à m'enfoncer dans un chemin, mais là c'est le mien.
Le mien.
Il faut que je garde bien ça en tête : ma meilleur chance de transition est d'en définir les contours et être au plus prêt, de ce que je sens être ce qui me conviendra le mieux. Pas si facile.

On va dire qu'un âne est capable de tracter 250 kilos, que cette pauvre bête, qui va bientôt devenir ma meilleure amie, je ne vais pas déjà m'imaginer la charger comme un mulet :  j'emmènerai un peu plus de tranquillité et d'options, mais à minima.

Indispensabilima même.
La console de jeu par exemple, je peux faire une croix dessus. C'est très con comme exemple, mais c'est un des trucs débile qui pique un peu.

Je vais pas pouvoir emmener de chauffage central au gaz, ni ma centrale nucléaire non plus, du coup je suis un peu septique pour pouvoir embarquer avec moi mon lit, ma cuisine, mon frigidaire, ma douche, mes toilettes, (oh zut, je viens juste de percuter que cet aspect est complètement craignos), ma télé,...

Et il y a des choses que vous jugerai capitales pour ne pas que je me plante, mais que je dégage d'office: un compte bancaire par exemple. Je me colle des gages et des handicaps tout seul.
Histoire de rigoler un peu. je ne serai jamais adulte de toutes façons.

Il y a des choses que j'emmène et qui ne pèsent rien: des trucs dans ma tête.
Il y aura des choses que j'aurai bien laissées, car elle sont trop lourdes : des trucs dans ma tête.
Du chaos

Et puis il y a tout le bazar. Le nécessaire que je sens bien.
Faut penser à tout ça, d'ailleurs je n'ai pas encore mon âne, lui, je le sens bien.
C'est aussi du chaos.

Nous naissons du chaos, ça c'est la bonne nouvelle.

Question retour à la nature et aux sources, mon bilan carbone va sérieusement dégringoler, et ça me tenait vraiment à cœur.

Quand à mes besoins énergétiques, ça va me faire tout drôle je crois.
J'avoue : je n'ai pas encore percuté.

J'ajoute donc à ma "To do list", dessous le titre "Plan Z" (le dernier) :
- percuter un peu.

Ça ne sera pas un luxe.

Voilà où j'en suis maintenant, j'accepte, je prépare, c'est un sacré morceau à avaler.

J'écris juste une histoire, la mienne.

Une histoire que j'ai envie de partager, en l'écrivant un peu pour les autres.
Je sais que je trouverai trace du monde sur ma route, c'est pas non plus une traversée du désert.
Quoi que d'un point de vue strictement personnel, ou romantique, si un peu, voir carrément, (toujours ce fameux yo-yo émotionnel qui ne lâche rien).

En fait, si je prends ce chemin, c'est aussi pour aller à votre rencontre, et celles des tribus sauvages.
Voir ce que vous faites et ce que eux ils font.

Donc, sur le chemin vous croisez un homme et un âne, ça sera peut-être moi, ça pourrai être drôle d'oser vous arrêter en appelant "Zeb !!!"

Zeb, c'est moi.

Mon avatar devenant ma nouvelle identité de... ..."sauvage" ?
N'ayez pas peur : pour le moment, les éléments ne m'ont encore rendu cannibale.
Surveillez quand même vos arrières dans quelques mois.
Avec le froid et la faim, j'aurai peut-être retrouvé certains instincts de prédation.
On verra.

J'écrirai.

Ici, c'est bien je trouve : c'est dans le thème et si les administrateurs du groupe ne s'y opposent pas, ça me changera des monologues avec un âne. je vous raconterai ma route. j'ouvre ce blog pour ça.

Aller je tente un partage, on verra bien.
Pour le moment le wifi n'est pas un problème: je voudrai vous tenir au courant de mes préparatifs. Et de se qui se passe pour moi : Les gentils hommes en blancs me ramèneront-ils dans ma chambre ? Vais-je sombrer dans l'alcoolisme ? Gagner à l'Euro Million dans la dernière ligne droite ? Aurai-je pu trouver à temps un âne ? Quels vont être mes choix de survie et de vie ? Vais-je tenir 3 jours sans console ?

Suspens en cette fin d'été !

Ah, oui, pour le moment je vous écris des Hauts de France, juste à côté d'Arras.
C'est mon point de départ.
Je vais rejoindre le Lot pour y passer une partie de l'hiver à l'abris, je l'espère, pour le moment je ne vise pas plus loin. Je suis dans le : va jusque là bas, c'est déjà bien, on regarde la carte de nouveau une fois sur place.

à suivre donc, ici ou ailleurs.

Pardon pour les puristes de l'orthographe et de la grammaire. J'ai toujours été plus intéressé par les arts plastiques : j'essaye de faire gaffe, mais je commet encore des gaffes.




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